L’eau potable, un enjeu crucial pour des milliers d’habitants de l’Ouganda occidental, traverse désormais les frontières pour apaiser la soif de près de 22 000 personnes. Ce projet inédit, situé dans le district de Bundibugyo, illustre une avancée majeure dans la gestion de l’eau et la sécurisation des ressources hydriques dans une région marquée par des tensions et une pression croissante sur les infrastructures locales. L’initiative coordonnée par le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Société de la Croix-Rouge ougandaise (URCS) et le Ministère ougandais de l’Eau et de l’Environnement, permet désormais un approvisionnement régulier en eau potable, grâce à un système novateur qui capte l’eau au cœur des montagnes Rwenzori, améliorant ainsi le quotidien des populations locales et des réfugiés.
Avant ce projet, les habitants consommaient de l’eau provenant de la rivière Lamia, un point d’eau naturel malheureusement contaminé et mélangé aux eaux d’animaux, source fréquente de maladies telles que les diarrhées ou les infections intestinales. L’effort d’installation de ce réseau d’eau gravitaire a donc un impact direct sur la santé publique, limitant les épidémies et soulageant les services médicaux souvent débordés dans ces zones reculées.
Sur le plan régional, Bundibugyo est un modèle d’intégration et de coopération transfrontalière, où les flux humains entre l’est de la RDC et l’ouest de l’Ouganda sont constants, que ce soit pour le commerce, les visites familiales ou la quête d’asile face à la violence armée. Avec près de deux millions de réfugiés accueillis par l’Ouganda, cette initiative d’accès à l’eau potable entre en résonance avec les problématiques plus larges de paix et de stabilité mondiale liées aux conflits de l’eau, tout en offrant une réponse humanitaire essentielle à ceux qui fuient les crises.
Ce projet, loin d’être isolé, fait également écho aux efforts déployés dans d’autres régions d’Afrique pour pallier la crise de l’eau qui touche un tiers de la population mondiale, selon les rapports récents. En Ouganda même, l’enjeu de l’accès à l’eau potable est au cœur de la politique nationale et des financements internationaux. Ainsi, le Busunga-Sindila water supply project est le fruit d’une collaboration multilatérale, combinant l’expertise humanitaire, l’appui technique et le pilotage gouvernemental.
En bref :
- 22 000 habitants de Bundibugyo bénéficient désormais d’un accès direct à l’eau potable grâce à un système gravitaire.
- L’eau traverse la frontière entre l’est de la République démocratique du Congo et l’ouest de l’Ouganda, facilitant la vie des réfugiés et des communautés d’accueil.
- Le projet a été lancé en 2025 par le CICR, l’URCS et le Ministère ougandais de l’Eau et de l’Environnement.
- Cette initiative vise à réduire les maladies liées à l’eau contaminée, très répandues avant l’infrastructure.
- À terme, jusqu’à 60 000 personnes bénéficieront de l’extension du réseau.
- L’approvisionnement en eau potable constitue un levier important pour la stabilité sociale et la santé publique dans une région vulnérable.
Une gestion durable de l’eau au cœur du projet Busunga-Sindila pour l’ouest de l’Ouganda
Le district de Bundibugyo, niché dans la zone montagneuse de l’ouest ougandais, avait jusqu’ici du mal à assurer un approvisionnement fiable en eau potable à sa population, en partie à cause de la géographie complexe et de l’infrastructure limitée. Le Busunga-Sindila water supply system introduit un système innovant basé sur la gravité pour acheminer l’eau depuis les sources des montagnes Rwenzori, exploitant ainsi la pente naturelle sans nécessiter de pompage électrique coûteux.
Ce mode de fonctionnement permet une consommation d’énergie réduite, un entretien simplifié et un fonctionnement continu, des critères essentiels dans une région où l’accès à l’électricité reste faible. La gestion de l’eau est ici pensée dans un cadre durable où la préservation de la qualité et de la quantité de la ressource est primordiale, en évitant le gaspillage et en limitant les risques de pollution.
Le projet s’adosse à des collaborations étroites entre les institutions locales et internationales, où chaque acteur joue un rôle clé : le CICR apporte son expertise en contexte de crise, l’URCS assure la mobilisation communautaire et le Ministère dessert le volet réglementaire. Cette approche collaborative illustre les bonnes pratiques actuelles en Afrique dans la lutte contre la précarité hydrique, notamment mise en lumière dans divers travaux consacrés à la géopolitique de l’eau.
Au-delà des infrastructures matérielles, l’éducation à l’hygiène et le développement de programmes de sensibilisation accompagnent la mise en place du réseau pour que l’usage de cette nouvelle ressource soit pérenne. Les populations locales, dont les agriculteurs qui dépendent de la rivière Lamia pour leur irrigation, sont consultées afin d’harmoniser les besoins et éviter les conflits autour de l’accès à l’eau.
Les bénéfices majeurs du système gravitaire :
- Approvisionnement fiable même en période sèche grâce à la protection des sources;
- Réduction significative des risques d’infections d’origine hydrique chez les habitants;
- Maintenance facilitée sans recours à des équipements électriques complexes;
- Effet levier sur le développement économique local, notamment pour le commerce et l’agriculture;
- Renforcement de la cohésion entre communautés locales et réfugiées.
Approvisionnement en eau et infrastructures : un projet qui transforme la vie des habitants à Bundibugyo
Avant la mise en place du réseau Busunga-Sindila, les habitants comme Katusiime Rose parcouraient plusieurs kilomètres pour puiser de l’eau dans des points d’eau contaminés où animaux et humains cohabitaient, exposant ainsi toute la population à de graves risques sanitaires. Cette situation illustre la problématique de l’accès à l’eau potable en Afrique, où le manque d’infrastructure reste un facteur aggravant.
Grâce à la nouvelle infrastructure, l’ensemble des usagers peut désormais prélever de l’eau directement aux bornes d’eau potable installées à proximité des villages et des camps de réfugiés. Cela représente un gain de temps considérable et une amélioration de la qualité de vie, en particulier pour les femmes et enfants souvent chargés de cette corvée.
Ce nouvel accès réduit également les tensions qui pouvaient naître autour des points d’eau traditionnels surchargés. La question des ressources hydriques étant souvent source de conflits, comme dans d’autres régions d’Afrique, où la gestion inadéquate des ressources crée des frictions entre communautés, la réduction de ces tensions passe par l’investissement dans des infrastructures adaptées.
La réussite de ce projet a été possible grâce à une planification rigoureuse qui a intégré :
- L’évaluation des besoins en eau des populations locales et des réfugiés;
- La prise en compte des flux transfrontaliers importants dus aux échanges commerciaux et migratoires entre RDC et Ouganda;
- Un système d’approvisionnement en réseau gravitaire respectant l’environnement naturel;
- L’implication des parties prenantes dans le suivi et la maintenance;
- Des campagnes de sensibilisation sur l’importance de l’eau potable pour la santé publique.
Au fur et à mesure que le projet s’étend, il s’inscrit dans une dynamique plus large d’amélioration des services essentiels dans l’Ouganda rural, corrélée à des offres éducatives et sanitaires renforcées, comme l’expliquent de nombreux rapports sur les installations sanitaires améliorées qui stimulent l’inscription scolaire.
Vidéo : Le parcours de l’eau depuis les montagnes jusqu’aux robinets de Bundibugyo
Les flux transfrontaliers d’eau : une ressource essentielle à la paix et à la stabilité sociale dans l’ouest de l’Ouganda
L’eau qui franchit la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda ne symbolise pas seulement un flux naturel, mais un pont vital entre des populations aux histoires et besoins interconnectés. Dans cette région, les tensions sont fréquentes, notamment à cause des crises sécuritaires et des migrations massives, et la question des ressources hydriques joue un rôle stratégique.
Ce projet symbolise la coopération transnationale, dans un secteur où l’eau source de conflits au Karamoja et ailleurs, se transforme en vecteur de détente et de dialogue. En s’assurant que les deux côtés bénéficient d’un accès équilibré et sûr, le projet Busunga-Sindila démontre que la bonne gestion de l’eau peut être un levier pour renforcer la paix mondiale et la coexistence, comme souligné dans les enjeux mis en lumière par l’UNESCO.
Face aux pressions climatiques qui accentuent les sécheresses récurrentes et la dégradation des ressources, cet effort préventif est d’autant plus précieux. Il contribue à limiter les violences liées à l’accaparement des ressources naturelles dans une zone où plus d’un million de personnes, y compris des réfugiés, dépendent des rivières et nappes souterraines.
L’approche collaborative mise en œuvre ici doit servir d’exemple pour d’autres régions d’Afrique confrontées à des défis similaires, en associant à la fois l’expertise locale, le soutien international et l’engagement communautaire.
Vidéo : Coopération transfrontalière pour l’accès à l’eau potable en Afrique de l’Est
Impacts sociaux et sanitaires de l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable dans l’ouest de l’Ouganda
La disponibilité d’une source d’eau fiable et saine transforme la vie quotidienne des habitants. Elle lutte efficacement contre la propagation des maladies hydriques qui étaient jadis endémiques dans des zones comme Bundibugyo. Avant le projet, les cas de diarrhée, typhoïde et autres infections gastro-intestinales étaient fréquents, particulièrement chez les enfants, compromettant leur scolarité et leur développement.
Avec un accès sécurisé à l’eau potable, non seulement la santé des populations s’améliore, mais également l’économie locale bénéficie d’un regain, car l’eau devient accessible pour l’agriculture, l’artisanat et le commerce, des activités vitales pour l’autonomie économique des communautés.
Le projet encourage aussi un accès équitable entre les communautés d’accueil et les réfugiés, montrant que l’eau est un bien partagé qui peut dépasser les divisions sociales et politiques. Cette dynamique contribue à apaiser les tensions, à favoriser le dialogue et à promouvoir une coexistence harmonieuse.
De plus, la réduction de la corvée d’eau, souvent une charge lourde pour les femmes et les jeunes filles, libère du temps pour d’autres activités comme l’éducation, le travail ou même la participation à la vie communautaire. L’impact de cette amélioration est ainsi multiple, social, sanitaire et économique, illustrant parfaitement comment l’infrastructure hydrique peut être un vecteur d’émancipation.
Cette transformation est également en lien direct avec des enjeux plus larges, comme ceux présentés sur la crise mondiale de l’accès à l’eau potable, où un tiers de la population mondiale reste privée de cet élément vital.
Projets à venir et perspectives d’extension pour un approvisionnement en eau élargi dans l’ouest de l’Ouganda
Le Busunga-Sindila project ne marque qu’une étape dans une stratégie ambitieuse d’amélioration de l’accès à l’eau potable dans la région. La première phase a permis de distribuer de l’eau à 22 000 habitants, mais les plans d’extension envisagent de toucher près de 60 000 bénéficiaires d’ici à 2040, en élargissant le réseau à des communautés plus distantes.
L’objectif est de construire une infrastructure résiliente, capable de répondre à la demande croissante liée à la croissance démographique et aux besoins des camps de réfugiés qui s’étendent peu à peu. Cette anticipation des besoins est cruciale, dans un contexte où la gestion durable des ressources est une urgence pour toute l’Afrique.
Le soutien technique d’acteurs comme Umbrella Water and Sanitation et l’accompagnement du gouvernement ougandais garantissent à la fois la qualité des installations et la mise en place d’un modèle administratif adapté à la maintenance et à la pérennité du système. Cette démarche complète vient renforcer les actions engagées à l’échelle nationale pour moderniser les infrastructures d’approvisionnement en eau à Kampala et autres grandes agglomérations.
Au-delà des infrastructures, les autorités insistent sur l’importance de la participation communautaire pour assurer l’entretien de ces installations, facteur clé de leur durabilité. Les populations sont formées à la gestion collective de l’eau et les mécanismes de gouvernance locale sont encouragés, fondant une démarche participative et inclusive.
Cette vision s’inscrit pleinement dans les objectifs de développement durable liés à l’accès à l’eau et à l’assainissement, essentiels pour le bien-être des millions d’habitants et réfugiés qui vivent dans ces zones frontalières.
Comment le système d’approvisionnement en eau de Busunga-Sindila fonctionne-t-il ?
Le système utilise la gravité pour acheminer l’eau depuis les sources situées dans les montagnes Rwenzori jusqu’aux villages, évitant ainsi le besoin de pompage électrique, ce qui le rend durable et facile à entretenir.
Quels sont les principaux bénéficiaires du projet ?
Les bénéficiaires sont les populations locales du district de Bundibugyo ainsi que les réfugiés provenant principalement de la République démocratique du Congo, totalisant environ 22 000 personnes.
Pourquoi est-ce important d’assurer un accès à l’eau potable pour les communautés frontalières ?
L’accès à l’eau potable réduit les maladies hydriques, limite les conflits relatifs aux ressources, et favorise la coexistence pacifique entre populations locales et réfugiées.
Quels sont les défis liés à l’approvisionnement en eau dans l’ouest de l’Ouganda ?
Les défis incluent la géographie montagneuse, la pression sur les ressources limitées, des infrastructures insuffisantes et les effets du changement climatique qui aggravent la disponibilité de l’eau.
Quelles perspectives pour le futur de l’approvisionnement en eau dans cette région ?
Les projets d’extension prévoient d’atteindre jusqu’à 60 000 bénéficiaires, avec un réseau élargi et une implication accrue des communautés dans la gestion durable et la maintenance des installations.
Source: www.icrc.org
Née en France mais d’origine Ougandaise et âgée de 49 ans, amoureuse de la cuisine africaine transmise par mes ancêtres, je partage avec passion les saveurs et les traditions culinaires de mon héritage familial.

