Alors que les élections présidentielles et législatives approchent à grands pas en Ouganda, l’ombre d’une coupure d’internet plane à nouveau sur le pays. Cette inquiétude fait écho à l’expérience traumatisante de 2021, lorsque les Ougandais ont subi une coupure totale du réseau, plongeant la population dans un silence numérique pesant. Cette fois-ci, le gouvernement dément fermement tout projet de ce type, assurant que la liberté d’expression et la communication resteront garanties pendant le scrutin. Toutefois, les préparatifs en coulisses et les tensions politiques entretiennent la suspicion. Entre restrictions sur les technologies comme Starlink et discours musclés contre la diffusion d’informations non vérifiées, la bataille pour le contrôle de l’accès à l’internet est au cœur du processus électoral.
La question que beaucoup se posent reste : peut-on réellement faire confiance aux assurances du gouvernement ? Et dans un pays où la démocratie est souvent mise à l’épreuve, l’accès à la technologie et à la communication nourrit les débats et les craintes. Cet article plonge au cœur de ce contexte houleux, explorant les enjeux de liberté d’expression, de censure et la manière dont les technologies pourraient être à la fois un outil et un champ de bataille lors des élections ougandaises.
- Le gouvernement ougandais dément les rumeurs de coupure d’internet pendant les élections du 15 janvier, rassurant sur le maintien de la connectivité.
- Le principal candidat d’opposition, Bobi Wine, reste méfiant et met en place un système de surveillance des votes sans internet.
- Les autorités ont restreint l’importation de la technologie Starlink, alimentant les craintes de coupure malgré les démentis officiels.
- La liberté d’expression reste sous pression, avec des interdictions strictes sur la diffusion de contenus en direct jugés « incitatifs » ou « haineux ».
- Les tensions politiques et les accusations d’intimidation nourrissent un climat d’incertitude en pleine période électorale.
Le démenti officiel face aux rumeurs de coupure d’internet en Ouganda
La récente vague de spéculations concernant une possible coupure d’internet en Ouganda pendant les élections du 15 janvier 2026 a suscité une mobilisation importante des médias et des internautes. Le gouvernement, par la voix de l’Uganda Communications Commission (UCC), a rapidement réagi pour démentir ces rumeurs. Nyombi Thembo, directeur exécutif de l’UCC, a qualifié ces spéculations de « simples rumeurs » infondées, insistant sur le rôle central de la commission qui est d’assurer une connectivité continue.
Lors d’une interview accordée à Capital FM, Nyombi Thembo a souligné que le mandat de l’UCC est clair : protéger l’accès à internet et éviter toute interruption. Cette position officielle contredit ainsi les craintes alimentées par certains groupes d’opposition et observateurs internationaux, inquiets d’un black-out informatique comme en 2021, quand une coupure avait entravé la communication et la transparence du scrutin. Cette restriction avait par ailleurs contribué à envenimer les tensions sociales et politiques, suscitant une vague de protestations et une sévérité accrue de la part des forces de l’ordre.
Dans la foulée, Amina Zawedde, haut responsable du Ministère des Communications et de l’Orientation Nationale, a elle aussi tenu à adresser un message clair. Elle a affirmé qu’aucune décision officielle n’avait été prise ni annoncée concernant une coupure internet pendant la période électorale, qualifiant les rumeurs de « fausses et trompeuses ». Elle a aussi rappelé que la législation en vigueur, notamment la Computer Misuse Act, encadre strictement les contenus diffusés en ligne, notamment en interdisant les informations fausses ou les propos haineux. Une façon de justifier les contrôles intensifiés des contenus sur les plateformes numériques.
Pourtant, ce démenti officiel survient dans un contexte où le gouvernement a adopté plusieurs mesures restrictives, notamment sur les technologies jugées sensibles. On observe une volonté forte de contrôler la sphère numérique, qui reste un terrain d’expression politique incontournable, surtout en période électorale. Ces déclarations rassurantes doivent donc être lues à l’aune d’un environnement où la surveillance et la régulation des communications sont de plus en plus visibles.
Les restrictions sur Starlink et la technologique comme enjeu stratégique électoral
À quelques semaines seulement du scrutin, l’Ouganda a imposé des restrictions sur l’importation et l’utilisation de kits Starlink, la célèbre technologie internet satellite. Officiellement annoncée par la Uganda Communications Commission, cette décision surprise suscite des interrogations sur son véritable impact. Le rôle de Starlink dans les zones rurales ou dans les endroits où l’internet filaire est limité fait de ces restrictions un coup dur pour ceux qui espèrent un accès libre et fluide pendant les élections.
Cette mesure intervient à un moment crucial, alors que des voix s’élèvent à l’international et chez les Ougandais eux-mêmes, craignant un nouveau blackout numérique. Même si le gouvernement dément avoir planifié une coupure totale, la limitation de l’accès à cette technologie innovante augmente les soupçons quant à un contrôle renforcé des communications. Starlink avait été identifiée comme un outil potentiel pour contourner les blocages précédents, renforçant la crainte qu’il soit ciblé pour limiter la diffusion d’informations le jour du scrutin.
Les exemples d’autres pays africains ayant restreint les technologies satellite en périodes sensibles ajoutent du poids à ces inquiétudes. En limitant l’accès à Starlink, le gouvernement ougandais semble vouloir contrôler étroitement les infrastructures de communication pour mieux gérer la circulation des informations.
Malgré ces obstacles, la résistance technologique se fait sentir. L’opposition, notamment le parti de Bobi Wine, met en place des solutions innovantes comme une application de suivi de votes fonctionnant sans connexion internet traditionnelle, en utilisant la technologie Bluetooth. L’objectif est de garantir une certaine transparence du scrutin malgré les éventuelles restrictions sur le réseau.
Ces éléments illustrent que la technologie est un véritable enjeu dans la bataille électorale ougandaise, à la fois outil de mobilisation populaire et levier de contrôle gouvernemental. La mêlée entre innovation et répression numérique révèle les tensions propres à la démocratie en Ouganda.
Liberté d’expression, censure et contrôle de l’information dans le climat électoral
La liberté d’expression se retrouve souvent fragilisée dans les périodes électorales ougandaises, et l’édition 2026 ne semble pas déroger à cette règle. Alors que le gouvernement proclame l’importance de maintenir un dialogue ouvert, plusieurs mesures restrictives viennent indiquer le contraire. Les autorités ont interdit explicitement la diffusion en direct de tout contenu pouvant être considéré comme « incitant, haineux ou violent ». Cette directive vise particulièrement les retransmissions des manifestations ou émeutes susceptibles de survenir autour du vote.
Ce contrôle des médias numériques soulève de nombreux débats. Les militants associatifs et représentants de l’opposition dénoncent une forme de censure qui empiète sur les droits fondamentaux, notamment le droit à l’information et la capacité des citoyens à exercer leur liberté d’expression. Le risque est double : d’un côté, une opaque manipulation de l’information; de l’autre, un étouffement des voix critiques en temps réel.
Amina Zawedde a rappelé que seules les proclamations officielles de la Commission Électorale sont valides, interdisant toute diffusion de résultats préliminaires. Une précaution qui vise à éviter les tensions générées par des informations erronées ou prématurées. Ce cadre légal inclut aussi bien les médias traditionnels que les réseaux sociaux, qui ont largement changé la nature de la communication politique en Ouganda.
Pourtant, les plateformes digitales sont devenues les principaux vecteurs de manifestation populaire et d’échanges d’informations. Les restrictions imposées s’apparentent ainsi parfois à un verrouillage numérique, affectant directement la démocratie locale. La situation en 2021 reste gravée dans les mémoires, avec une coupure d’internet concomitante à des violences qui avaient coûté plusieurs vies.
Il est crucial de comprendre que ce contrôle renforcé des flux d’information va bien au-delà d’une simple surveillance technologique. Il touche à la maîtrise du récit politique lui-même, conditionnant la manière dont les Ougandais vivent leur scrutin et leur démocratie.
Les tensions politiques exacerbées et le rôle d’Amnesty International
Les tensions politiques avant les élections en Ouganda ne cessent de s’intensifier, avec un climat de défiance et de suspicion généralisé. Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, cherche un nouveau mandat alors que l’opposition menée par Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, dénonce des pratiques autoritaires et une répression systématique.
Amnesty International joue un rôle important en alertant la communauté internationale sur les dérives préélectorales. L’organisation dénonce des arrestations arbitraires, des actes de torture et des intimidations visant les partisans de l’opposition. Ces accusations viennent s’ajouter à un tableau préoccupant où les libertés démocratiques sont fortement mises à mal.
La mémoire des élections de 2021, marquées par de violentes répressions et une coupure d’internet de plusieurs jours, nourrit le sentiment d’injustice et la peur d’une répétition. Les manifestations, qui avaient tourné au drame, restent un point noir dans le processus électoral ougandais.
Dans cette ambiance, chaque contrôle des communications et restrictions technologiques est ressenti comme un instrument de la censure, réduisant au silence des voix essentielles. L’accès à internet apparaît ainsi comme un enjeu fondamental pour la démocratie, permettant aux citoyens de s’informer, se mobiliser et faire entendre leurs revendications sans entrave.
Des organisations internationales et la société civile appellent à une vigilance accrue pour garantir que le scrutin se déroule sans manipulation ni coercition, et surtout, que la coupure d’internet – ou toute autre forme de censure – soit évitée afin de préserver la liberté d’expression en Ouganda.
La présence de vidéos documentant la situation en Ouganda sur YouTube permet à un public mondial de suivre la bataille pour la liberté d’expression et la communication dans ce pays. Ces témoignages visuels sont essentiels pour comprendre l’enjeu de l’accès à internet face aux tentatives de censure.
Initiatives de l’opposition face aux risques de coupure d’internet
Consciente des risques que fait peser une coupure d’internet sur la transparence du scrutin, l’opposition ougandaise, sous la direction de Bobi Wine et du National Unity Platform, a déployé une série d’innovations pour contourner d’éventuelles restrictions.
Cette démarche se concrétise notamment par le lancement de Bitchart, une application nomade permettant la collecte et le partage des résultats électoraux sans passer par un réseau internet traditionnel. Utilisant la technologie Bluetooth, cette application permet aux observateurs de diffuser des images des procès-verbaux et résultats sans connexion, assurant un certain niveau de visibilité démocratique malgré les difficultés.
Cette innovation traduit une volonté de ne pas se laisser museler, même dans un contexte où le gouvernement durcit le contrôle des connexions internet par satellite. Par ailleurs, cette app illustre bien comment la technologie peut être détournée à des fins démocratiques, même dans des cadres contraints par la censure et la répression.
Ces initiatives sont d’autant plus importantes que les réseaux sociaux, pivots de la communication politique dans de nombreux pays, ont été sévèrement entravés par des blocages réguliers, en particulier autour des événements politiques majeurs. Le blocage des réseaux sociaux en Ouganda est une réalité souvent pointée du doigt, qui participe au contrôle du dialogue citoyen.
Par ailleurs, cette capacité à garder un accès à l’information en dépit des restrictions gouvernementales est cruciale pour renforcer la démocratie en Ouganda. Elle reflète aussi la créativité et l’engagement d’une jeunesse et d’un peuple déterminés à défendre leur droit à la liberté d’expression et à une information libre et vérifiée.
Pourquoi le gouvernement ougandais refuse-t-il de couper internet pendant les élections ?
Le gouvernement affirme qu’une coupure violerait le droit à la liberté d’expression et perturberait la communication officielle. L’Uganda Communications Commission a confirmé qu’il n’y a pas de projet de coupure, assurant un accès continu durant le scrutin.
Quelles sont les inquiétudes concernant la coupure d’internet malgré les démentis ?
Les restrictions sur Starlink et les précédents de 2021 nourrissent la méfiance. L’opposition craint une coupure ou un contrôle strict pour empêcher la diffusion libre des résultats et la mobilisation citoyenne.
Comment l’opposition prépare-t-elle la surveillance du scrutin sans internet ?
Le National Unity Platform a développé une application Bluetooth appelée Bitchart qui permet de partager les résultats électoraux sans connexion internet, assurant un suivi indépendant et transparent.
Quel est le rôle des organisations internationales comme Amnesty International ?
Elles alertent sur les dérives autoritaires, intimidation et violations des droits humains avant les élections, soulignant l’importance de protéger la liberté d’expression et l’intégrité du vote.
Pourquoi la liberté d’expression est-elle cruciale pendant une élection ?
Elle garantit que les citoyens peuvent accéder à l’information, exprimer leurs opinions et surveiller le processus électoral sans censure ni peur, éléments fondamentaux de la démocratie.
Source: www.africanews.com
Née en France mais d’origine Ougandaise et âgée de 49 ans, amoureuse de la cuisine africaine transmise par mes ancêtres, je partage avec passion les saveurs et les traditions culinaires de mon héritage familial.

